Processus

Quatre processus constitutifs de la démarche éthique

Au sein de l’ensemble complexe dénommé « démarche éthique » on peut distinguer quatre processus constitutifs. Ce modèle est inspiré d’un schéma original proposé par Bruno-Marie DUFFE dans son cours « Ethique au travail », à l’Université Catholique de Lyon. Dans sa présentation, la démarche éthique se déploie en tension entre quatre pôles, qui sont aussi des exigences.

Selon ma logique d’ingénieur, j’ai transposé cette formulation, en un système d’interactions entre quatre processus majeurs, dont les données entrantes et sortantes circulent de l’un à l’autre. Le schéma ci-dessous illustre un tel système.

1) Rechercher le bien commun

Ce premier processus est intuitivement le plus évident à connecter à la notion d’éthique. Mais c’est aussi celui qui résiste le plus à se laisser définir d’une manière à la fois précise, et consensuelle. A un premier niveau, l’idée de « rechercher le bien commun » résume bien ce que fait la « conscience éthique ». Il s’agit d’un élan, d’une impulsion, d’une orientation vers … Mais là où cela se complique très vite, c’est quand on cherche à préciser en quoi consiste le bien commun, le mieux, le moins mal, que l’on recherche, vers lequel on tend.

2) Comprendre les réalités concernées

A notre époque la plupart des gens font bien la différence entre « morale » et « éthique ». Cette distinction introduite par Spinoza attribue à la raison humaine, à la conscience personnelle, un rôle majeur dans la démarche éthique. Une des exigences issues de cette distinction, peut se résumer dans l’idée d’honnêteté intellectuelle. En effet, comment prétendre dire ce qui est bien, ou mieux, sans s’être donné au préalable la peine de savoir de quoi il s’agit, en réalité ? C’est-à-dire de rassembler les connaissances pertinentes, d’en vérifier la validité, d’en comprendre la signification, la portée, les interactions ?

3) Connaître les lois et règles

Pour beaucoup de gens, « éthique » est synonyme d’honnête, et être honnête, cela se résume à respecter les lois et bons usages en vigueur. Dans ce sens, la conformité aux règles en vigueur est en quelque sorte un niveau minimum de l’éthique, sans connexion avec la conscience éthique évoquée précédemment.
Même si une telle conception est pour le moins réductrice, cela vaut la peine de regarder de plus près les relations entre éthique et droit. Le droit partage avec la dimension éthique un lien fondamental : la recherche d’un « bien ».

4) Décider en responsabilité

Une démarche qui associe les trois dimensions précédentes commence à avoir de la consistance. Toutefois, elle reste cantonnée dans la théorie, dans les débats d’idées, et risque de déboucher sur un simple «il n’y a qu’à …». Si la démarche éthique ambitionne de changer la réalité, elle a encore besoin d’une dimension essentielle de plus : celle de l’action concrète, explicitée par une parole, inscrite dans un contexte et à un moment précis, portée par un humain de chair et de sang. Il s’agit de passer du : « il faudrait », au : « je décide de … et j’en assume les conséquences ».

La démarche éthique déborde les digues de la pensée et du débat, pour irriguer le terreau de l’action sur le réel, et permettre la croissance du vivant.

Quatre processus constitutifs
de la démarche éthique

Cette partie du livre s’attache à identifier des composantes majeures, au sein de l’ensemble complexe dénommé « démarche éthique ».

Le modèle présenté est inspiré d’un schéma original proposé par Bruno-Marie DUFFE dans son cours « Ethique au travail », à l’Université Catholique de Lyon. Dans sa présentation, la démarche éthique se déploie en tension entre quatre pôles, qui sont aussi des exigences.

Selon ma logique d’ingénieur, j’ai transposé cette formulation, en un système d’interactions entre quatre processus majeurs, dont les données entrantes et sortantes circulent de l’un à l’autre.

Le schéma ci-dessous illustre un tel système.

 

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